Sujet : Défendre ses droits, est-ce la même chose que défendre ses intérêts ?
Extrait du corrigé : [I. Confusion possible entre les droits et les intérêts]Lorsqu'une personne est victime d'un cambriolage, elle peut évidemment se sentir lésée dans son droit de propriété, mais elle peut aussi ressentir une agression d'ordre plus intime, comme si le cambrioleur s'en était pris à ses intérêts personnels : lui voler des vêtements, c'est bien la priver de biens qu'elle a intérêt à posséder. Plus généralement, le confusion entre les droits d'une personne et ses intérêts se manifeste lorsque celle-ci subit une agression, de quelque nature ou importance que ce soit, qui concerne la sphère privée de son existence. Le propriétaire d'un terrain a le droit de le posséder intégralement, mais ce sont plus immédiatement ses intérêts qui lui paraîtront être mis en cause si un voisin sans scrupules prétend s'en approprier un morceau.Il résulte de cette confusion que le système judiciaire est bien souvent compris comme mis en place pour la défense des intérêts de chacun, le droit devenant alors un moyen mis au service de ces intérêts. J'intenterai un procès au voisin pour défendre mes intérêts en même temps que mes droits, ou même en priorité par rapport à ces derniers, dans la mesure où mes intérêts me concernent de façon apparemment plus proche que mes droits, dont l'existence renvoie à celle d'un système anonyme — dont je n'ai pas nécessairement une connaissance très détaillée — qui paraît toujours un peu lointain. Dans l'organisation de la société, la défense des droits nécessite l'intervention d'un certain nombre d'institutions (la police, la justice, avec son tribunal, ses procureurs et ses avocats, son ensemble de textes et de codes, etc.) qui peuvent paraître d'une complexité excessive, alors que la défense de mes intérêts semble susceptible d'être opérée de manière plus simple, éventuellement plus rapide.Pour mettre en lumière que cette confusion n'est en fait pas fondée, il suffit d'inverser la perspective : la défense de mes intérêts est-elle nécessairement synonyme de celle de mes droits ? Il apparaît immédiatement que non, parce que mes intérêts peuvent être en contradiction avec les droits d'autrui.
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