Sujet : Faut-il se battre pour être reconnu par les autres ?
Extrait du corrigé : Une telle situation ne peut avoir d'autre aboutissement qu'une épreuve de force. La conscience qui en sort « victorieuse » (et qui devient celle du « maître ») peut désormais imposer sa volonté à l'autre (elle remplace la volonté de l'autre par la sienne) et la faire travailler à son profit.Si la dialectique s'arrêtait là, elle confirmerait que je ne peux faire reconnaître ma liberté qu'en écrasant l'autre. Mais elle continue, et se solde finalement par une défaite du maître, condamné à stagner au niveau du « pour-soi » (puisque c'est bien ce qu'il désire), et, ainsi, à ne pasconnaître le stade final de la liberté, qui n'est plus exercice d'un pouvoir de négation à l'égard de l'altérité, mais qui se révèle au contraire transformation de celle-ci par le travail, et saisie de sa propre efficacité dans l'oeuvre, qui est la matière transformée. Ce qui peut enfin se manifester, c'est une liberté agissante, qui humanise la nature et réconcilie le subjectif et l'objectif, l'intérieur et l'extérieur.Il est donc à retenir que la lutte ne mène qu'à une fausse reconnaissance, ou à une reconnaissance temporaire, par l'autre. Pour marquer sa présence, c'est davantage contre le monde extérieur qu'il faut se battre que contre les autres. [II. La reconnaissance de mon humanité] Une telle conclusion peut sembler « idéaliste », pour peu que l'on évoque la succession ininterrompue de conflits qui scandent l'histoire de l'humanité. Or, une partie de ces guerres semble bien avoir eu pour but d'affirmer l'existence d'une collectivité et d'en faire reconnaître l'indépendance ou le droit à l'existence séparée.
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