Sujet : Tout pouvoir s'accompagne-t-il de violence ?
Extrait du corrigé : De telles situations révèlent-elles une relation constante et nécessaire entre pouvoir et violence ? Sont-elles au contraire anormales ou exceptionnelles ? Tout pouvoir s'accompagne-t-il, par sa nature même, de violence, ou peut-on concevoir que celle-ci se trouve au contraire suspendue par l'exercice du pouvoir lorsqu'il devient légitime ? [I. Le pouvoir comme refus de la violence initiale] À travers la diversité de leurs thèses, les théoriciens du contrat social montrent que le pouvoir est d'abord, pour une société humaine, une solution pour lutter contre la violence.Pour Hobbes, l'instauration du pouvoir permet de mettre fin à une « guerre de tous contre tous » qui, produite par les tendances initiales de l'homme, ne peut évidemment qu'être désastreuse. Cela n'a cependant pas pour conséquence une disparition totale de la violence, qui se trouve plutôt déplacée, passant des individus encore soumis au désordre naturel au « tyran » qui en dispose désormais pour imposer l'ordre aux citoyens-sujets.C'est pourquoi Rousseau critique fortement les thèses du Léviathan, qui ne peuvent élaborer qu'une société fondée sur une inégalité radicale : le tyran a tous les droits – et il peut en exiger violemment le respect –, alors que les sujets n'ont que des devoirs : qu'ils les oublient ou essaient d'y échapper et ils subissent la violence.Le « contrat social » tel que le comprend Rousseau, comme implicitement à la base de toute société correctement organisée, instaure au contraire une égalité complète entre les citoyens, puisque tous renoncent à leur indépendance naturelle et aux privilèges éventuels qui pouvaient s'en déduire en raison de leurs inégalités physiques. Cette égalité se traduit par leur statut commun relativement à la loi : celle-ci les traite tous de la même façon et chacun participe à son élaboration puisque sa voix compte dans la formulation de la « volonté générale ».
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