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Sujet : Désir, loi et liberté

Extrait du corrigé : La question est de savoir si une intervention extérieure de la loi sur les désirs, pour les limiter et les orienter, est nécessaire et, surtout, si elle est philosophiquement légitime. Mesure et démesure du désirLe rapport du désir et de la loi est d'abord celui d'une mesure, d'une évaluation, par la raison, des orientations subjectives. En grec, logos (« raison ») signifie aussi « proportion » : il s'agit donc de ramener le désir à une mesure acceptable, c'est-à-dire conforme à la nature, afin de bien vivre. C'est le projet d'Épicure, pour qui l'intervention rationnelle consiste en une triple distinction entre désirs naturels et nécessaires, désirs naturels non nécessaires, et désirs ni naturels ni nécessaires.Le problème n'est ici que d'ordre technique, puisqu'il s'agit de faire en sorte que le désir n'entre pas en contradiction avec lui-même, car à force de tout désirer, on ne peut non seulement rien obtenir, mais on méconnaît aussi la nature du désir : le désir de tout n'a rien d'un désir. A l'opposé, un désir conforme à la nature étant toujours le résultat d'un besoin d'ordre physique, il est toujours susceptible d'être comblé.La loi est alors en quelque sorte l'instrument du désir. Elle ne s'oppose pas à lui, mais à sa démesure potentielle. Or, cela repose sur l'idée que le désir n'est pas démesuré par nature, puisque bien au contraire il est la mesure du bien-vivre en tant et seulement en tant qu'il est naturel. Le désir n'est jamais démesuré que du fait de l'opinion, tandis que revenir à son origine corporelle et s'y tenir suffit pour bien faire et surtout bien vivre.

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