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Sujet : La liberté est-elle le pouvoir de tout faire ?

Extrait du corrigé : On n'obéit donc pas à la loi parce qu'elle est utile, mais simplement parce que c'est la loi. Voulant fonder la loi dans la réalité, Calliclès l'abolit donc : il n'y aurait plus que la nature. Mais il réfute lui-même la thèse que cela pourrait constituer en prônant le droit du plus fort en déplorant un pouvoir que les faibles exercent... pour la seule raison qu'ils sont momentanément les plus forts. On comprend ainsi que ce n'est pas du tout de la nature qu'il parle : devant être imposée d'une manière volontaire et non par la seule immanence de sa nécessité, cette " nature " est en réalité purement idéologique, comme à chaque fois qu'on veut y voir un modèle. Dès lors, la vérité de son argumentation apparaît à la fin du texte : il veut seulement un maître, grâce auquel il sera enfin débarrassé de sa liberté en se dissolvant dans la semblance universelle. Conclusion  Ce discours, paradigme de tout recours à la nature pour décider des affaires humaines, est un exemple de méconnaissance projective : celui qui veut un maître attribue aux autres une nature d'esclaves ! La servitude volontaire est le mobile caché de toute invocation d'un modèle naturel. La méthode généalogique se retourne contre Calliclès.* Cette définition correspond à celle du sens commun, pour lequel la liberté est absence d'obstacles. Ainsi, la chute "libre" d'un corps est celle qui ne connaît pas d'opposition.

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