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Sujet : Dire que la connaissance a une histoire, est-ce renoncer à l'idée de vérité objective ?

Extrait du corrigé : On peut admettre, depuis Kant, que ces phénomènes sont la version que le monde présente pour nous, en fonction de nos capacités d'observation (si techniques soient-elles), mais qu'ils ne correspondent pas à la réalité (à ce que Kant nommait les « noumènes »). Si la science prétendait établir une vérité absolue ou définitive, elle prétendrait du même coup atteindre la réalité nouménale. Ce qui lui est impossible, et ce qui signifierait son achèvement, sa mort. [II. Une histoire des erreurs]S'il y a bien une histoire des sciences, cela signifie évidemment que la vérité n'est jamais atteinte ou découverte du premier coup. Mais cela signifie aussi que les vérités élaborées par la science se modifient et secorrigent historiquement en fonction de nouvelles données expérimentales (ou de la construction de nouveaux systèmes formels).La géométrie euclidienne, par exemple, a pendant des siècles été admise comme la seule possible. Jusqu'à l'apparition des géométries non euclidiennes, qui provoqua bien des interrogations chez les mathématiciens et les logiciens : fallait-il admettre que ces nouveaux systèmes étaient de simples curiosités logiques sans applications (ils étaient en effet cohérents, mais ne paraissaient d'aucune utilité, à court terme, pour la physique ou les autres disciplines mathématisées) ? Fallait-il au contraire les considérer comme « annulant» la validité d'Euclide, en quelque sorte « dépassé » ? On comprend qu'en fait – et c'est ce qu'avait indiqué Lobatchevski, en intitulant son système « géométrie généralisée » – les non-euclidiens élaborent un espace géométrique plus « vaste » ou plus « général » que le système euclidien.

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