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Sujet : Philosopher, est-ce céder au désir ?

Extrait du corrigé : Et ne peut-on espérer qu'en atteignant ainsi à la satisfaction, l'homme ne s'élève à un plus haut degré de perfection ? La vie prend toute sa valeur, si l'on en croit Platon, dans la mesure même où l'inquiétude d'un désir inextinguible fait progresser le sujet désirant, « d'un seul beau corps à deux, de deux beaux corps à tous les beaux corps, et des beaux corps aux belles occupations, et des occupations vers les belles connaissances » (Platon, Banquet 211c). Une vie bien remplie est donc une vie qui sait de quoi elle man que, et s'en met résolument en quête. Au terme de ce parcours ascendant, l'âme pourrait espérer atteindre à « la science du beau lui-même », et ainsi contempler « la beauté en elle-même, celle qui est divine, dans l'unicité de sa Forme » (ibid., 211e). A ce stade, conclut Platon, « se situe le moment où, pour l'être humain, la vie vaut d'être vécue » (ibid., 211d).Peut-on voir dans le désir l'essence de l'homme ?Certes, aux yeux mêmes de Platon, rares sont les âmes susceptibles de se détourner des jouissances sensibles, pour se soumettre à un désir qui les oriente irrésistiblement en direction des réalités « vraies », c'est-à-dire intelligibles. Mais au-delà de ce cas de figure exceptionnel, on peut cependant se demander si ce n'est pas toute existence humaine qui doit être pensée comme foncièrement désirante.

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