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Sujet : Peut-on distinguer l'amour du désir ?

Extrait du corrigé : Bien au contraire, affirme Spinoza, ce désir qu'est notre être se manifeste positivement comme plénitude et affirmation de soi. Mais que le désir soit l'essence de l'homme ne signifie pas pour autant que les manifestations du désir en nous soient réductibles à la forme unique d'un désir primordial, auquel il serait impossible à quiconque de renoncer sans se trahir lui-même, ou renoncer à être soi. Au contraire, souligne Spinoza, il y autant de désirs qu'il y a d'objets possibles du désir. Néanmoins, il semble que l'être humain ne puisse être véritablement lui-même qu'en se reconnaissant comme sujet désirant.Est-ce le corps ou l'esprit qui désire ?Considérer le désir comme notre essence même, et le moteur de notre existence, conduit naturellement à d'établir une hiérarchie entre le désir et les besoins corporels. Si on admet, en effet, que le besoin ressenti comme « vital » renvoie à la sphère biologique, et que l'homme en est affecté passivement, ne peut-on aller jusqu'à dire, par contraste, que le désir n'est ni « physique » ni passif ? De fait, prétend Spinoza, tous les désirs ne sont pas empreints de passivité. C'est pourtant bien le cas, à coup sûr, du « désir immodéré de manger, de boire, de forniquer et d'être glorieux », qui définit les vices répertoriés sous le titre de « gourmandise, ivrognerie, lubricité, avarice et ambition ». De tels désirs, passifs, envahissants et exacerbés, sont autant de passions* nuisibles à celui qui en est le jouet, et ne pense plus qu'à procurer à son corps les jouissances excessives qu'il réclame sans cesse.

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