Sujet : Le désir n'est-il pas nécessairement passif ?
Extrait du corrigé : L'homme, être de désirL'existence humaine est-elle structurée par le manque ?Le désir se révèle à nous par l'intermédiaire d'une expérience aussi douloureuse qu'irrécusable : celle du manque de quelque chose que nous ne pouvons espérer trouver qu'en dehors de nous. Comme si l'être humain, quelle que soit la richesse de sa vie intérieure, peinait nécessairement à trouver en lui-même ce qui est pour lui l'essentiel. L'existence humaine n'est donc pas, en tout cas, réductible à la présence à soi d'une conscience autarcique. Elle est structurée par le manque, et donc grevée d'imperfection. Si « je désire, c'est-à-dire qu'il me manque quelque chose », souligne Descartes dans la IIIe Méditation métaphysique, cela prouve bien en effet que « je ne suis pas tout parfait ».Mais l'âme, ou l'esprit humain, ne peuvent-ils raisonnablement espérer que ce qui leur manque puisse leur être rendu durablement accessible ? Et ne peut-on espérer qu'en atteignant ainsi à la satisfaction, l'homme ne s'élève à un plus haut degré de perfection ? La vie prend toute sa valeur, si l'on en croit Platon, dans la mesure même où l'inquiétude d'un désir inextinguible fait progresser le sujet désirant, « d'un seul beau corps à deux, de deux beaux corps à tous les beaux corps, et des beaux corps aux belles occupations, et des occupations vers les belles connaissances » (Platon, Banquet 211c). Une vie bien remplie est donc une vie qui sait de quoi elle man que, et s'en met résolument en quête.
Corrigé de 4381 mots (soit 7 pages) directement accessible
Sujets connexes :






Créer un compte Devoir-de-philo
Toutes les notions