Sujet : Peut-on accorder une valeur positive à l'oubli ?
Extrait du corrigé : La pensée elle-même devra donc être expliciter dans sa définition contextuelle. Car si par pensée on appelle conscience, peut-être alors y a-t-il obstacle à définir l'oubli comme positif. Problématique L'oubli, dans ce qu'il comporte d'ignorance et d'inconscience, peut-il être considéré comme un acte positif de la pensée, en tant qu'il sera curateur ou bénéfique pour la vie d'un sujet ? Il faut donc s'interroger sur la fonction de l'oubli tout autant que sur sa nature. Appartient-il à la pensée en tant que telle ? En quel sens peut-on et même doit-on entendre « valeur positive » ? Un travail de définition rigoureux est ici requis. Plan 1) La force de l'oubli : effacement et absence L'oubli et la mort = Dans L'Antiquité grecque, Léthée est une divinité, l'Oubli, qui donne son nom ai fleuve qui sépare le Tartare (le fond des Enfers) et les Champs Elysées (là où séjournaient les âmes vertueuses) : durant leur trajet, les âmes boivent de ses eaux pour oublier les circonstances de leur vie ; celles qui sont destinées à une nouvelle existence terrestre y boivent pour perdre tout souvenir de la mort. L'oubli est ainsi ce qui garantit la séparation entre la vie et la mort en évitant que le souvenir de la vie ne vienne hanter les morts, et que le souvenir de la mort ne soit un obstacle à la vie. L'oubli a donc une « vertu » au sens premier de ce mot : une force (virtus) ; force d'effacement, disparition, il est comme une seconde mort.
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