Sujet : Quels rapports la politique entretient-elle avec la morale ?
Extrait du corrigé : Le discours humaniste du temps, que récuse Machiavel, s'inspirait des moralistes latins et notamment de Cicéron. Pour ce dernier et ceux qui se rattachaient à sa pensée au XV ième, la gloire du chef reposait sur une bonne gestion allant de pair avec une conduite vertueuse, cad conforme aux exigences de la morale. Machiavel s'inscrit en faux contre cette thèse. Le souci premier du Prince doit être de conserver son pouvoir et même de l'accroître à l'occasion. Si les hommes étaient bons, il pourrait le faire sans jamais s'écarter des grands principes moraux universellement admis. Mais les hommes sont pour la plupart méchants quand on ne les force pas à être bons. En conséquence, le Prince sera vertueux, au sens courant du terme, si le contexte le permet, et il ne le sera pas si la situation le lui impose. En cas de nécessité, il pourra faire des entorses aux grands principes. Il lui sera loisible d'agir contre la parole donnée, contre la charité, contre l'humanité (le respect de l'homme) et même contre la religion. La fin justifie les moyens.
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